mercredi 29 juillet 2015

POINT CULTURE : Tuol Seng, la prison s21

Tuol Sleng est un ancien lycée construit par les français situé au cœur de la capitale où enseignait Claire Ly, l'une des survivantes qui nous a apporté son témoignage lors de notre premier week-end de réunion à Marseille, fin janvier.
Tuol Sleng fut converti en 1975 en Centre de Détention, connu sous le nom de Prison de Sécurité 21 (S21) par les Forces de Sécurité de Pol Pot. Près de 17 000 prisonniers ont été torturés, interrogés puis exécutés au centre d'extermination de Cheoung Ek par les Khmers Rouges d'avril 1975 à janvier 1979. Lorsque Phnom Penh fut libéré par l'Armée Vietnamienne en 1979, seul sept prisonniers avaient survécu. Aucun n'a pu s'en échapper. En août 1979, les vietnamiens transforment le site en musée. Il est maintenant reconnu comme le plus grand centre de détention et de torture du pays.

La prison S21 rappelle les camps de concentration nazis. Douch, un ancien instituteur, était devenu le responsable de Tuol Seng. Ce tortionnaire a été arrêté en 1999 par le gouvernement.

Nous avons pu voir des murs de photos des victimes, toutes photographiées par les khmers rouges à leur arrivée. Nous avons été marqués par l'intensité de leur regard. Il y avait aussi des photos d'enfants et de mères tenant des bébés dans leurs bras, ce qui nous a profondément touchés.

Ces photos ont permis d'identifier la plupart des disparus : des médecins, des ingénieurs, des professeurs, des soldats vietnamiens, un journaliste australien, le personnel de l'ambassade de l'Inde, des moines bouddhistes ainsi que des chanteurs cambodgiens. Les suspects étaient interrogés jusqu'à ce qu'ils « avouent » et donnent un nom. Dès lors, ce nouveau suspect était arrêté avec toute sa famille.

Des tableaux illustraient les instruments de torture utilisés sur les prisonniers. La violence des lieux était d'autant plus forte que la prison S21 est restée en l'état : nous avons ainsi vu les cellules et la salle des tortures telles qu'elles étaient sous le régime de Pol Pot. Nous en ressortons bouleversés, néanmoins cela permet de mieux comprendre ce drame.

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